PESH : Programme Ethique et Sécurité Humaine

Contrairement à la notion traditionnelle de sécurité axée exclusivement sur la protection du territoire de l’Etat, le concept de «sécurité humaine» est centré sur la protection des individus et des communautés.

La sécurité humaine se définit souvent comme la possibilité et la liberté de vivre à l’abri de la peur. Elle vise donc en premier lieu à protéger les individus contre des menaces de nature diverse : conflits armés, entraves à la liberté de circulation et d’expression, risques et insécurité alimentaires, déplacements forcés,  violence politique et criminelle. Ce concept de sécurité humaine se veut à plus large spectre. Outre la liberté de vivre à l’abri de la peur, il inclut également  la liberté de vivre à l’abri du besoin. A travers les actions de recherche et de formation de courte durée qui y sont développées, ce programme se focalise essentiellement sur l’identification et la compréhension des facteurs qui limitent l’accès aux droits civiques, économiques sociaux et culturels. Il constitue l’outil d’engagement de la Chaire sur la problématique des droits humains sous ses différents aspects.

 

Sous-programme liés

 

PESH 1 : L’Epidémie d’Ebola et la Côte d’Ivoire : construction sociale des rumeurs, discours et pratiques relatives à la Maladie à Virus Ebola (MVE) et aux mesures préventives

L’Afrique de l’Ouest a connu actuellement une épidémie de Maladie à Virus Ebola (MVE) considérée comme la plus meurtrière depuis que ce virus a été découvert en 1976. Déclarée en mars 2014 en Guinée, l’épidémie s’est propagée au Liberia, en Sierra Leone, au Nigeria, au Sénégal, au Mali. A la date du 02 décembre 2015, un total de 28637cas a été notifié dans le rapport de l’OMS relatif à l’épidémie, avec des résurgences en novembre 2015 en Guinée et au Libéria. Cette épidémie aurait tué au total 11 315 personnes. Par son ampleur sans précédent, la MVE est devenue une priorité sanitaire mondiale.

Néanmoins, aucun cas avéré de Maladie à virus Ebola n’a été diagnostiqué en Côte d’Ivoire. Cependant, le pays a vécu sous la menace de l’épidémie du fait de ses frontières communes avec la Guinée et le Liberia. Face à la menace épidémique, le gouvernement a mis en œuvre une politique de riposte multisectorielle, décentralisée et ciblée, coordonnée par le Comité National de Lutte contre la Maladie à Virus Ebola mis en place dans le courant des mois de juillet et aout 2014, avec création de plusieurs sous-comités. Ce comité a pris des mesures qui visaient à protéger toutes les populations, en particulier celles qui sont les plus vulnérables et/ou plus exposées (personnels des pompes funèbres, enfants et adolescents, femmes, etc.).

Le contexte de crainte de l’épidémie qui a prévalu durant des mois a engendré une épidémie rumorale dont il convenait de comprendre les fondements et les logiques. Car ces rumeurs et ces légendes pouvaient poser un problème de confiance pouvant influer sur le fonctionnement et l’efficacité des dispositifs de prévention et de prise en charge mis en place.

Le programme Ebo-CI (Ebola et la Côte d’Ivoire) a engagé des activités de recherche sur la question des rumeurs et des bruits autour d’Ébola, mais également sur les perceptions, les pratiques et les discours autour des mesures de prévention et de prise en charge des cas suspects.

L’objectif du programme Ebo-CI était, à partir d’une grille d’analyse des comportements sociaux face au risque de la MVE, de contribuer à l’amélioration de la politique de communication et du dispositif de prévention et de prise en charge face à la MVE en particulier et aux épidémies en général.

Dans le cadre de la présente étude, il s’agit plus spécifiquement :

  1. i) d’analyser les rumeurs et les bruits collectés;
  2. ii) de comprendre comment a fonctionné le dispositif de prévention par rapport au traitement des cadavres, à la consommation de la viande de brousse et à la surveillance aux frontières;

iii)         de procéder à une analyse socio-anthropologique de la prise en charge des« cas suspects ».

Pour atteindre ces objectifs, un dispositif d’enquêtes a été mis en place. Ce dispositif comprenait trois parties :

–     Une revue de presse dont l’objectif est de savoir comment et sur quoi la presse en Côte d’Ivoire a communiqué dans la phase cruciale de l’épidémie dans la sous-région du mars 2014 à juin 2015 (financement IRD & Aviesan).

–     Une collecte de données basée sur des grilles d’entretien dédiés aux trois thématiques du programme : (i) Rumeurs et légendes ; (ii) vécu de mesures préventives (viande de brousse, rites funéraires, surveillance aux frontières) ; (iii) prise en charge de cas suspects. A cet effet, des entretiens individuels, de groupe et des entretiens collectifs ont été organisés.

– Au plan de la bioéthique, quels principes spéculatifs tout ce dispositif implique-t-il en termes de dignité humaine, de non-discrimination et non-stigmatisation.

Source de financement : Unicef, Expertise France, IRD (Institut de Recherche pour le Développement), Aviesan
Equipe : Roseline Gbocho N’da, Marc Egrot (IRD), Lazare Poame,  Francis Akindès

 

Programmes de recherche en cours d’exécution

PESH 2 : Accompagnement bénévole de la fin de vie des enfants en Côte d’Ivoire : le care saisi sous l’angle du don

Ce programme est inscrit dans la thématique générale « Risques sur la santé et réponse humanitaire dans les pays du sud.» du Fond Croix-Rouge Française. Cette thématique de recherche se veut une contribution aux stratégies sanitaires visant à assurer un développement durable de la santé, améliorer l’accès à des soins de santé et un suivi médical de qualité pour les plus vulnérables (femmes enceintes et nouveau-nés, populations isolées en zones rurales, personnes handicapées, enfants abandonnés ou vulnérables, jeunes en rupture sociale, personnes atteintes de maladies graves ou négligées…) (cf. www.fondcrf.org)

Le programme « accompagnement bénévole de la fin de vie des enfants en Côte d’Ivoire : le care saisi sous l’angle du don » questionne le (s) rôle(s) et le (s) statut assigné(s) aux bénévoles en matière de soins palliatifs. Cette recherche s’appuie sur le cas spécifique des enfants. Elle a pour ambition d’analyser le modèle d’accompagnement de fin de vie des enfants par les bénévoles. Il s’agit de montrer comment se construit socialement l’accompagnement de fin de vie dans la population à l’étude. Dans ce cadre, le care, présenté comme un marché social offrant des soins relationnels, fait intervenir des actions conjuguées de professionnels de santé et de bénévoles. Toutefois, les pratiques/prestations de services sociaux de cette dernière catégorie d’acteurs, à savoir les bénévoles, sont occultés quoique jouant un rôle important dans l’accompagnement de fin de vie. Cette étude vise donc à répondre aux interrogations suivantes :

– Quel est le profil des bénévoles exerçant auprès des enfants malades et sur la base de quelles compétences organisent-ils les stratégies du care ?

– Comment négocient-ils la place qui leur est dévolue dans leur pratique du don de soins relationnels et s’adaptent-ils aux différents contextes d’interaction ?

– Qu’est-ce qui différencie les bénévoles des professionnels de santé en matière d’accompagnement des patients ?

– Quelle doit être la spécificité de l’éthique du care dans la prise en charge des personnes mineures, ces patients incapables de donner leur consentement.

Source de financement : Fonds Croix-Rouge Française-Fonds AXA-Institut de Recherche pour le Développement (Ird)
Equipe : Roseline N’da Gbocho, Sandrine Larissa Magne Malan, Lazare Poame

PESH 3 : Rituels funéraires et épidémies en Côte d’Ivoire (RiF&piC)

Le programme RiF&piC (rituels funéraires et épidémies en Côte d’Ivoire) résulte du programme Ebo-CI (Ebola et la Côte d’Ivoire). Son objectif global est de comprendre les rituels funéraires pour mieux éclairer les stratégies de prévention contre des épidémies en Côte d’Ivoire. Ce programme s’inscrit dans une approche transdisciplinaire, attentive au Principe de respect de la diversité culturelle et du pluralisme tel que présenté dans la Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l’homme. Il se décline en 3 principaux axes :

Axe 1 : anthropologie des rituels funéraires

Il vise à décrire les rituels funéraires, en Côte d’Ivoire, et analyser leurs significations sociales

Axe 2 : socio-économie des funérailles

Il vise à analyser les transactions socio-économiques dans les rituels funéraires en Côte d’Ivoire

Axe 3 : dimension politique et juridique des funérailles

Il vise à comprendre le droit applicable aux morts et identifier la responsabilité juridique du fait du cadavre ainsi que les usages politiques des faits funéraires en Côte d’Ivoire

Les résultats attendus sont les suivants :

  1. i) Des catégories de rituels funéraires perçues par les populations comme des impératifs socioculturels sont connues et analysées
  2. ii) Des significations sociales des formes de contact dans les rituels funéraires sont analysées

iii) Les formes de résilience et d’adaptation face à la mort, existant dans les cultures sont connues et proposées à la santé publique

iiii) Les formes de transactions économiques dans les pratiques funéraires susceptibles d’interférer avec les mesures préventives sont identifiées et analysées

  1. v) Les usages politiques et juridiques des faits funéraires, pouvant entraver les stratégies de riposte sont connus et analysés
  2. vi) Respect de la diversité culturelle et du pluralisme.

Source de financement : IRD (Institut de Recherche pour le Développement) à travers la JEAI (Jeune Équipe Associé à l’IRD),
Equipe : MM. Firmin Kra, Yannick Amorofi, Melle Isabelle Amani, Dr Marc Egrot.

Manager du Programme

Registration for : PESH : Programme Ethique et Sécurité Humaine

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