19 Nov 2019

Grossesses en milieu scolaire, une étude pour cerner et prévenir le fléau

Le mercredi 18 mai dernier, a eu lieu à la salle de conférence du cabinet du Ministère de l’Éducation Nationale, le lancement de l’étude sur les grossesse en milieu scolaire: identifier les causes réelles des grossesses en milieu scolaires, les conséquences et les solutions adéquates pour lutter contre ce fléau.

« Quelle est la réponse de la Cote d’Ivoire au phénomène des grossesses en milieu scolaire ? « On le saura après cette étude.» C’est en ces termes, que M. Kabran Assoumou, Directeur de cabinet, représentant Mme le Ministre de l’Education Nationale a situé l’intérêt de l’étude sur les déterminants des grossesses en milieu scolaire, dont le lancement a eu lieu le 18 mai à la salle de conférence du Ministère. Cette réponse est d’autant plus attendue, selon le Directeur de cabinet, qu’elle sera faite dans le contexte de l’école obligatoire, où les parents sont conviés à scolariser tous leurs enfants.

C’est donc pour faire face à ce fléau qui mine l’école ivoirienne, que le Ministère, avec l’appui financier de la Banque Mondiale à travers le Projet d’Urgence d’Appui à l’Education de Base (PUAEB), entreprend une étude quantitative et qualitative sur les grossesses en milieu scolaire dans le but de cerner le phénomène et proposer des stratégies pertinentes de prévention et de pérennisation de la lutte.

Cette étude d’envergure nationale sera menée par le Professeur Akindes, sociologue et membre de la Chaire Unesco de Bioéthique de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké. Elle permettra de trouver les voies et moyens à mettre en place pour éviter et éradiquer les grossesses en milieu scolaire. L’étude se déroulera dans quatre localités, à savoir : Bouaké, Yamoussoukro, Daloa et dans la Direction Régionale de l’Education Nationale (DREN) Abidjan 4 (qui comprend les communes d’Abobo et d’Anyama) ; des localités identifiées comme des zones ou le taux de grossesses est très élevé.

Selon le professeur, l’étude visera en outre à rechercher les caractéristiques socio-démocratiques des filles-mères, identifiera les conséquences des grossesses, examinera le contexte dans lequel la grossesse a eu lieu, permettra de connaitre le comportement sexuel de ces jeunes filles avant de tomber enceinte, interrogera les jeunes qui sont dans le même environnement, que les filles enceintes. L’étude bien plus, promènera son regard sur les rapports entre les filles et leurs mères, les rapports entre les enfants et leurs parents dans le système de santé sexuelle et reproductive. La problématique de la sanction administrative et pénale fera tout aussi l’objet d’analyse, car pour le Professeur Akindes, « tant que les auteurs ne seront pas inquiétés ils feront toujours ce qu’ils font. »

Notons qu’avec les efforts du Ministère le phénomène connait depuis l’année scolaire 2015-2016 une baisse de 25 %. Il y a aujourd’hui 3028 cas de jeunes filles enceintes contre 4035 cas en 2013-2014. Alors qu’en 2012-2013, il y avait 5076 cas. Cependant, de gros efforts restent à faire pour atteindre l’objectif « zéro grossesse à l’école », comme le souhaite Mme Kandia CAMARA, la première responsable de l’école ivoirienne.

Source: puaeb.org

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